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29 settembre 2017 5 29 /09 /settembre /2017 09:30

Arthur Cravan

cravan

 

"L'arte, la pittura mi ha tradito"

Otho Lloyd si è recato a Parigi per diventare pittore. Sua madre che crede egli abbia del talento lo incoraggia. Segue dei corsi, trascorre le sue giornate al Louvre, va nelle accademie di pittura e frequenta il circolo di artisti russi che ruota intorno a Sonia Delaunay.

Cravan, da parte sua, non ha che disprezzo per "gli ingenui che frequentano le accademie di pittura. Si può imparare a disegnare, dipingere, avere del talento o del genio? (Maintenant n°4). Ammette anche di detestare la pittura in blocco, respingendo al contempo classici e moderni. Secondo lui, il disgusto per la pittura "È una atteggiamento che non si può sviluppare mai abbastanza" ed afferma di preferire "assolutamente nel modo più semplice la fotografia all'arte pittorica(Maintenant n° 4).

Effettuando un resoconto del Salon des Indépendants, nel quarto numero di "Maintenant", stronca "999 tele su 1000", non avendo indulgenza che per un certo Arthur Cravan che "se non stesse attraversando un periodo di pigrizia avrebbe inviato una tela con questo titolo: Il Campione del Mondo al Bordello e per Kees Van Dongen".

I legami di amicizia che uniscono Cravan e Van Dongen hanno senz'altro più a che vedere con l'arte pugilistica che con la pittura. Cravan combatte a volte sul ring

 

 

 

art pugilistique qu'avec la peinture. Cravan boxe parfois sur le ring que le peintre hollandais a fait installer dans son atelier. En 1912, Van Dongen peint d'ailleurs un tableau représentant "Arthur Cravan boxant contre Charley Mac Avoy". Cravan est invité aussi aux fêtes qu'organise le peintre et notamment à un bal masqué où il vient déguisé en bourreau chinois. Van Dongen, lui, aura l'honneur de figurer dans une desréclames pour le restaurant Jourdan que Cravan insère dans sa revue "Maintenant": "Où peut-on voir Van Dongen mettre la nourriture dans sa bouche, la mâcher, digérer et fumer? Chez Jourdan restaurateur, 10 rue des Bons-Enfants."

 

Pourtant, malgré cette haine affichée de la peinture, certains ont voulu attribuer à Cravan une carrière de peintre et le reconnaître sous le masque d'Edouard Archinard. Certes Cravann'a jamais été avare de paradoxes et de pseudonymes. Et il a effectivement utilisé le nom d'Edouard Archinard pour signer un long poème dans le deuxième numéro de sa revue "Maintenant". Archinard réapparaît dans le numéro 4; Cravan lui attribue la paternité d'une attaque féroce contre le peintre Maurice Denis ("comme disait un de mes amis, Edouard Archinard").

 

Il existe effectivement un Edouard Archinard, peintre pointilliste, qui a exposé à la galerie Bernheim Jeune en mars 1914 et en mai 1917, et dont une lettre écrite à Félix Fénéon a été vendue à Drouot en 1994. Le dictionnaire Bénézit lui consacre une notice énigmatique: "Peintre né à la fin du XIX° siècle, tué durant la guerre de 1914-1918. On connaît fort peu de choses de son existence de peintre. La déclaration de guerre empêcha le montage d'une exposition d'une centaine de ses oeuvres."

Roger Lloyd Conover veut voir en Archinard un avatar de Cravan, qui, avec la complicité de Félix Fénéon, aurait monté l'exposition d'oeuvres d'un peintre imaginaire. Aussi astucieux que soient ses arguments ("Les noms secrets d'Arthur Cravan" in "Arthur Cravan, poète et boxeur"), ils ne sont pas entièrement convaincants. La manière des tableaux d'Archinard et leurs titres ("La voiture d'enfants", "Les palmiers du rivage") semblent quelque peu mièvres en comparaison de la vitalité débordante d'Arthur Cravan et de son sens aigu de la provocation.

 

Et on voit mal comment réconcilier la haine affichée de Cravan contre la peinture avec un canular qui semblerait bien innocent et étonnamment discret.

 

Sortant du Salon des Indépendants de 1912, il écrit à sa mère: "Cette exposition me dégoûte. Il y a à peine 4 toiles à regarder sur 7000. J'y suis resté dix minutes, le temps de la traverser et de m'asseoir au buffet pour regarder la tête de tous les ratés et ratées en robes et costumes tapageurs. Mon Dieu, heureusement que je ne suis pas peintre, je crois que j'y aurais foutu le feu!".

 

 

Peinture
Galerie

 

GALERIE ISAAC CRAVAN

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A Paris, Cravan souffre d'un manque chronique d'argent. Ni la poésie, ni la boxe, ni les économies de Renée, sa maîtresse, ne suffisent à nourrir sa grande carcasse. Sa mère, persuadée qu'il "est tombé dans les mains d'une créature qui a sûrement une influence néfaste sur lui, qui le maintient dans des idées de folie desgrandeurs et de vanité incommensurable", lui coupe les vivres en 1910. Cela lui servira de leçon, pense-t-elle, et "plus tard quand il n'aura plus rien et ne sera qu'une pauvre épave, nous ferons pour lui ce que nos moyens nous permettront."(Lettre de Nellie Lloyd).

Heureusement, le poète-pugiliste a de la ressource. Ne s'est-il pas vanté naguère du cambriolage en 1904 d'une bijouterie de Lausanne? Sa carte de visite porte, entre autres titres, ceux de "chevalier d'industrie", "rat d'hôtel" et "cambrioleur".

Il se débrouille donc. Par exemple, il emprunte de l'argent à Jules Patay de Baj, ami et mécène de son frère Otho, sous prétexte de mettre au point le projet d'un "aéroplane à ailes battants" (Lettre de Nellie Lloyd). Quand la malheureuse dupe s'inquiète, par l'entremise d'Otho, de son prêt, Cravan, superbe, répond: "Tu lui diras qu'il se considère comme honoré de m'avancer du pognon sans jamais songer au remboursement et que je suis un zigue à la Brummel."

Bien sûr, Madame Cravanmère désapprouve: "Il ne trouvera pas longtemps les gens qui seront dupes et s'il n'est pas bien malin, il se verra arrêter un beau jour pour escroquerie. Tout le monde ne sera pas un bon Patay." (Lettre de Nellie Lloyd à Otho)

Comme il côtoie le milieu des peintres de Montparnasse "où l'Art ne vit plus que de vols, de roublardises et de combinaisons, où la fougue est calculée, où la tendresse est remplacée par la syntaxe et le coeur par la raison et où il n'y a pas un seul artiste noble qui respire et où cent personnes vivent du faux nouveau"(Lettre à André Level), Cravan décide de faire profiter le marché de l'art de ses talents. Pas de scrupule à avoir puisque, de toute façon, "l'Art est aux bourgeois."("Maintenant" n°4).

 

 
GALERIE ISAAC CRAVAN
 
 
Modigliani
Italien 
 
Hayden
Polonais 
 
Rivera (champion du cubisme)
Espagnol 
 
Van Dongen (L'Hollandais veillant)
Hollandais 

 

 

En 1914, il annonce l'ouverture de la, galerie qui jamais n'aura pignon sur rue, et se lance dans le négoce de tableaux et de manuscrits, plus ou moins authentiques. Apparaissent ainsi, et disparaissent, de mystérieux Toulouse Lautrec, qu'il assure "expertisés par le Louvre".

Il réalise quelques opérations de courtage, trop peu pour pouvoir en vivre. Il travaille avec le galeriste Charles Malpel, rue Montaigne, et avec André Level, directeur de la Galerie Percier, que "sa détresse, jointe à des dons indéniables de poète" a ému et qui "est heureux de lui faire faire quelques affaires".

Mais rendre service à Cravanest toujours périlleux. Ayant besoin d'argent pour fuir la France après la déclaration de guerre, Arthur Cravanapporte à Level "un assez ancien Matisse, en même temps qu'un Picasso que je trouvai singulier, du commencement ducubisme, m'assura-t-il, en me priant de ne pas le montrer à son auteur." (André Level, "Souvenirs d'un collectionneur")

Si Matisse reconnaît bien son oeuvre, le Picasso, lui, se révèle être un tableau d'Ortis de Zarate. Cravan écrira de Barcelone à Level une lettre affectueuse: "Je vous dois plus que desremerciements pour le dernier cadeau que vous m'avez fait et si une brouille devait intervenir entre nous - brouille que j'oserai toujours croire momentanée -, à la suite de divergence d'idées sur certain sujet, sachez que vous avez toujours quelqu'un, si petit soit-il, sur lequel vous pouvez compter parce qu'il une dette de reconnaissance."

Précaution inutile, tout comme le "bon Patay", Level avait "oublié tout cela et gardé bon souvenir, tout en le plaignant, du pauvre Cravan".

 

CRAVAN CRITIQUE BRUTAL

"Pénétrons dans l'exposition, comme dirait un critique bon enfant. (Moi, je suis une vache.)"

Le quatrième numéro de la revue "Maintenant", "numéro spécial", est tout entier consacré à une attaque en règle contre l'Exposition des Indépendants de 1914.

D'entrée de jeu, Cravan annonce la couleur: il méprise la peinture et s'il rend compte de cette exposition, c'est "pour faire parler de moi et tenter de me faire un nom."Il vise donc d'abord le scandale.

Et puis il ne peut résister au plaisir de dire leur fait aux "sales gueules d'artistes"qui se pressent sous les tentes où on expose les oeuvres. Après avoir proclamé préférer la photographie à la peinture, Cravan oppose à la faune desartistes parisiens, peintres et écrivains confondus dans la même aversion, avec leurs corps rabougris, leurs mines pâles, les "jeunes Américains d'un mètre quatre-vingt dix, heureux dans leurs épaules, qui savent boxer et qui viennent des pays arrosés par le Mississippi, où nagent les Nègres avec des mufles d'hippopotames; des contrées où les belles filles aux fesses dures montent à cheval...".

Il va sans dire que la vie est du côté des garçons heureux dans leurs épaules et des filles aux fesses dures, la modernité du côté de New York et de ses gratte-ciel, et non du côté des artistes, des intellectuels, des cérébraux. Ceux-ci ont le tort immense de préférer l'intelligence et de mépriser le corps, alors que, selon Cravan, "le génie n'est qu'une manifestation extravagante du corps" et donc il "ne trouve un être intelligent seulement lorsque son intelligence à un tempérament."

Le ton et le langage sont incroyablement féroces. Suzanne Valadon est traitée de "vieille salope". Les plus chanceux sont exécutés en deux mots: "Malevitch, du chiqué. Alfred Hagin, triste, triste. Peské, t'es moche. (...) Deltombe, quel con! Aurora Folquer, et ta soeur?" Robert Delaunay, lui, a droit à plusieurs pages d'où il ressort tout à fait amoché: "Au physique, c'est un fromage mou: il court avec peine et Robert a quelque peine à lancer un caillou à trente mètres." Quant à Marie Laurencin, "en voilà une qui aurait besoin qu'on lui relève les jupes et qu'on lui mette une grosse... quelque part."

Jean-Emile Laboureur, qui expose un tableau intitulé "Le Café du commerce", est mieux traité : "Ses toiles, bien qu'encore sales, ont quelque vie, surtout celle qui montre un café avec des joueurs de billard; mais le plaisir qu'on a de la regarder n'est pas immense parce qu'elle n'est pas assez différente." La critique officielle, en la personne d'André Salmon n'y voit, elle, nulle vie et accuse Laboureur de copier précisément Marie Laurencin : "C'est le même soin d'une morale des lignes, mais combien anémiée!".

Maria Lluisa Borras (in "Cravan, une stratégie du scandale") cite comme prédécesseur de Cravan dans cet exercice de démolition, Félix Fénéon qui en 1893 exerça sa verve aux dépens des "Artisses Indépendants" dans un numéro du journal anarchiste "Le Père Peinard". Or Fénéon est précisément un ami de Cravan et de Kees Van Dongen, le seul peintre que Cravan admire ("Quandje cause avec lui et que je le regarde, je me figure toujours que ses cellules sont pleines de couleur, que sa barbe elle-même et ses cheveux charrient du vert, du jaune, du rouge ou du bleu dans leurs canaux.")

Mais on aurait tort de prendre Cravan au mot et de voir dans les jugements à l'emporte-pièce du poète-pugiliste un simple exercice dans l'art de la provocation. Cravan défend aussi ses propres conceptions esthétiques.

S'il déclare préférer "les excentricités d'un esprit même banal aux oeuvres plates d'un imbécile bourgeois" et s'il n'est pas tendre pour les "pompiers des Beaux-Arts"et pour les impressionnistes, Cravanva plus loin, dépasse les querelles d'écoles, de chapelles pour faire de la peinture une critique radicale. Aux cubistes et aux futuristes il reproche de faire du chiqué, de peindre en artistes roublards et non en brutes, en innocents: "Il faudrait un génie aux cubistes pour peindre sans truquages et sans procédés". Il ne leur trouve pas plus de sincérité qu'aux peintres officiels: "On sent comme devant toutes les toiles cubistes qu'il devrait y avoir quelque chose, mais quoi? La beauté, bougre d'idiot!"

La beauté, tout est là. Derrière les trucs, les procédés, les recettes et les "petites discussions sur l'esthétique dans les cafés" se dissimule l'impuissance de l'art pictural à rendre la vie: "Le futurisme (...) aura le même défaut que l'école impressionniste: la sensibilité unique de l'oeil. On dirait que c'est une mouche, et une mouche frivole qui voit la nature et non pas une mouche qui s'enivre de la merde, car ce qui est odeur ou son est toujours absent avec tout ce qui semble impossible à mettre en peinture et qui est justement tout."

Les artistes ne peuvent voir la beauté précisément parce qu'ils dissocient l'esprit du corps. Cravan est formel: "Tout d'abord, je trouve que la première condition pour un artiste est de savoir nager. Je sens également que l'art, à l'état mystérieux de la forme chez un lutteur, a plutôt son siège dans le ventre que dans le cerveau, et c'est pourquoi je m'exaspère lorsque je suis devant une toile et que je vois, quand j'évoque l'homme, se dresser seulement une tête. Où sont les jambes, la rate et le foie?"

Personne ne sera donc surpris que Cravanréserve ses attaques les plus violentes aux défenseurs de l'Art pour l'Art, qui croient la peinture supérieure à la nature, et notamment aux artistes russes. "Je ne peux avoir que dudégoût, écrit-il, pour la peinture d'un Chagall ou Chacal, qui vous montrera un homme versant du pétrole dans le trou ducul d'une vache, quand la véritable folie elle-même ne peut me plaire parce qu'elle met uniquement en évidence un cerveau alors que le génie n'est qu'une manifestation extravagante du corps."

Ce que veut Cravan, c'est "de la peinture qui serait simplement voyou", une approche directe, immédiate, innocente de la vie et de la beauté, l'approche qu'aurait un enfant ou un boxeur, une approche qui ressemble à la grâce et n'a rien à voir avec l'intelligence.

Alors que les artistes oublient le triste enseignement des académies et qu'ils lui préfèrent celui du critique brutal: "Allez courir dans les champs, traverser les plaines à fond de train comme un cheval, sautez à la corde et, quand vous aurez six ans, vous ne saurez plus rien et vous verrez des choses insensées."

 

 

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  • Amo l'arte in generale, di ogni tempo e cultura storica, soprattutto le avanguardie artistiche e le figure più originali ed eterodosse.
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